Covid, Vaccin, Pass Vaccinal, etc. : mon avis


TL ; DR : Je déplore la politique sanitaire de mon pays face au Covid. Je suis pour rendre le vaccin accessible à tous, gratuit, obligatoire et d’assumer avec honnêteté cette décision contraignante. Oui c’est une décision politique qui s’impose à toutes les personnes concernées. C’est le principe de la politique, de la loi, de vivre ensemble : abandonner de nos libertés individuelles pour bénéficier de bénéfices collectifs.

Les informations sur le virus et le vaccin dont je dispose (simplifiées)

Je sais que le virus a comme conséquences “purement individuelles” :

  • Le risque de mort : 2% environ, une chance sur 50
  • Risque de symptômes : entre plus de 50% pour les plus légers, à quelques pourcent pour les plus graves

Et comme conséquences “collectives”, en contaminant 3 personne comme c’est le cas en moyenne (moyenne entre 3 et 4) :

  • Risque que trois morts s’en suive directement : 0.0008% environ (1 sur 125 000), soit 150 fois la probabilité de gagner au loto
  • Risque de deux morts : 0.1% environ (1 sur 1 000), soit la probabilité en tirant 2 cartes d’un paquet de 52 et avoir les deux as noirs
  • Risque d’un mort : 5.8% de chances (1 sur 17), soit deux fois plus de chance que de tirer un double 6 avec 2 dés.

Pour garder les calculs simples, je néglige les probabilités liées à plusieurs rebonds, c’est-à-dire la probabilité que quelqu’un qu’on a contaminé contamine à son tour quelqu’un et ainsi de suite jusqu’à ce que quelqu’un meure.

On peut donc dire avec confiance qu’on a plus d’une chance sur 20 de causer la mort de quelqu’un. A noter que ces chiffres sont basés sur des statistiques moyennes, et que les personnes non vaccinées, ou les personnes ne portant pas le masque sont en moyenne plus contagieuses et subissent des conséquences individuelles plus graves. Donc ces probabilités est donc plus basse pour les personnes vaccinées/masquées, et plus élevée pour les autres.

Le vaccin, quant à lui, est plus difficile à juger. En effet, ses conséquences étant extrêmement faibles devant celles du virus, on a beaucoup moins de statistiques. Cependant, j’avance avec une forte confiance que je pense que les potentiels effets néfastes du vaccin sont négligeable face aux conséquences de ne pas se vacciner. Pour que cette estimation de ma part soit fausse, il faudrait atteindre plus de 5 millions et demi de morts du vaccin. Même les personnes doutant de la sécurité du vaccin ne prétendent jamais à de telle statistiques. Et pour causes, si de tels chiffres étaient atteint, nous devrions voir de ces cas partout autour de nous.

Liberté : une notion qui n’a pas de sens absolu, uniquement relatif.

A partir du moment où je ne suis pas seul au monde, mes comportements ont des conséquences sur les gens autour de moi. L’espèce humaine, très sociale, choisit de s’organiser dans des sociétés collectives où on s’impose collectivement des interdictions et des obligations. Je n’ai pas le droit d’agressé physiquement ou de tuer mon voisin. Je suis obligé de payer le prix de mes courses en sortant du supermarché.

Ainsi, toutes les grandes notions de liberté ont des limites, et les plus évidentes sont les cas où j’empiéterai sur des libertés auquel j’estime moi-même avoir droit. Si j’estime avoir le droit à l’intimité dans mon logement, je doit restreindre ma liberté de mouvement en ne pouvant pas rentrer chez les gens sans y être invité. Si j’estime avoir le droit à un jugement équitable quand je suis accusé, je n’ai pas le droit de faire justice moi-même quand je suis victime. Si j’estime avoir le droit de marché dans la rue sans croiser de personnes entièrement nue, j’accepte l’obligation de porter certaines tenues en public.

Ainsi, limiter une liberté individuelle n’est pas une chose outrancière en soi. Ce qui est outrancier, c’est si ces limites ne s’applique pas à tout le monde de la même manière, qu’elles amènent plus de mal que de bien, mais aussi à mes yeux si elle ne sont pas décidée collectivement, démocratiquement. En effet, j’estime qu’il revient à la collectivité de juger quand est-ce que le bénéfice collectif dépasse les restrictions individuelles.

Défiance et désobéissance

Ma position face au pouvoir en place est simple : défiance profonde et systématique, désobéissance quand c’est pertinent. En gros, si je reçois des instructions d’un imbécile, ou d’un salaud, j’aurais de la défiance. C’est-à-dire que je n’accorderai que peu d’importance à ces instructions, et que je les suivrait uniquement si je les ai moi-même juger pertinentes (ou que j’y suis contraint bien sûr)… Par opposition à quelqu’un de confiance. Avoir confiance en quelqu’un me permet de déléguer de la prise de décision. Si j’estime que quelqu’un fait très souvent de bonnes décisions à mes yeux, je peut m’appuyer sur cette expérience passée pour pouvoir agir suivant ces instructions sans avoir à profondément les remettre en question à chaque fois. Ainsi la confiance est la manière dont on partage la prise de décision collectivement. Je n’ai pas de temps tout seul de réfléchir assez à toutes les questions que je trouve importantes. Alors la confiance me permet de déléguer une grandes partie de ces réflexions à mon entourage de confiance.

Mais confiance ne veut pas dire obéissance systématique, et défiance ne veut pas dire désobéissance systématique. Si une personne de confiance me recommande un comportement que je trouve manifestement injustifié, je vais questionner cette recommandation et ne plus reposer sur cette confiance pour juger de la pertinence d’agir ainsi. De la même manière, défiance ne veut pas dire désobéissance systématique. Si une décision prise par une personne dont je suis défiant me parait pertinente, je vais la questionner et pas la rejeter systématiquement. Je serais méfiant, et partirai avec un préjuger forcément négatif, mais cela ne doit pas m’empêcher de conclure dans le même sens. Si demain Macron recommande de ne pas boire d’alcool quotidiennement, je ne vais pas me mettre à boire tout le jours au nom de la défiance.

Ma position sur la situation actuelle

Je ne défends en aucun cas la position actuelle de notre gouvernement. La gravité de la situation sanitaire est grandement du à des décisions irresponsables de leurs part, à long, moyen et long terme (exemples parmi une infinité : long terme : libéralisme destructeur de services publics, notamment la santé, moyen terme : mentir sur la situation, cf. masque ou conseil de défense pour une situation sanitaire, et court terme : refuser tout compromis d’ordre économique : envoyer autant que possible les gens au travail et les enfants à l’école).

Si on me demande les décisions que je trouverai adéquate, je ne préconiserai bien sûr pas de ne pas soigner les non vaccinés. Ma position est claire, je pense que nous devons collectivement décider de est-ce que on veut rendre la vaccination obligatoire. Je suis personnellement pour. Si on décide collectivement de rendre la vaccination obligatoire, plus de questions de cet ordre, et nous assumons collectivement cette responsabilité, la gratuité et l’accès pour tous.te.s. Soit on décide collectivement de ne pas rendre la vaccination obligatoire, et on assume ça aussi. On arrête de stigmatiser les gens qui se vaccine pas et on les traite pour ce qu’ielles sont : des citoyens à part entière.

Mais seulement, j’en ai marre de voir des gens de mon entourage ne pas se faire vacciner au nom de leur liberté et qui ont la pertinence d’avoir acquis une défiance envers notre gouvernement, de voir d’autres personnes autour de moi mourir du Covid, et de ne pas pouvoir défendre la pertinence du vaccin sans être traité de pro-Macron ou de défenseur du gouvernement.

Prôner la pertinence du vaccin n’est pas défendre quiconque prône cette pertinence.

Je suis radicalement opposé à la politique de notre gouvernement. Mais ce n’est pas par principe. C’est parce que j’ai un désaccord de fond avec la quasi-totalité des décisions prises. Je ne suis pas contre Macron parce que je le déteste, mais parce que j’estime qu’il a tort. J’en ai marre qu’on se concentre sur “à qui la faute ?” mais qu’on se demande “qu’est-ce qu’il faut faire ?”. Et justement, si on sort la personnalité de merde de Macron et autres tocards de l’équation, je ne voit aucune raison de ne pas tous décider de se vacciner collectivement !

Si je devais faire le tri de patients à l’hôpital (tri qui de fait existe) et que j’avais le choix entre sauvé une personne non vacciné au hasard ou notre président, je sauverai la personne non vacciné. Elle, au pire, est responsable d’un mort : la place qu’elle a prise à l’hôpital. Macron lui, à bien plus de mort sur les bras d’après moi, que ce soit dans cette pandémie ou sur l’ensemble de son quinquennat. Et cela est valable pour la grande majorité des personnes à des postes de responsabilité. Alors s’il-vous-plaît, arrêter de mettre dans la bouche des gens qui défende l’utilisation du vaccin la défense de nos dirigeant.e.s, que je déteste autant que vous pour ce qu’iels font.

Hors aujourd’hui, le tri qu’on fait, il n’est pas entre nos dirigeant.e.s et les malades, il est entre des malades entre eux. En ne vous vaccinant pas, ce n’est pas Macron que vous emmerdez, c’est les personnes qui ont besoin de soin médicaux, les équipes soignantes débordées qui doivent faire, au dépend de leur santé mentale, des choix de personne à laisser mourir alors qu’on pourrait les sauver si on était tous vaccinés. Si demain Macron demandait à la population française de donner de l’argent à une association que vous appréciez qu’il faudrait subitement à tout pris éviter de le faire, juste pour le faire chier.

Santé VS libéralisme

Je ne m’en cache pas, je suis contre le libéralisme économique. Pour tout les secteurs de l’économie. Mais la santé est juste le secteur le plus facile à traiter. Le libéralisme prétend que l’intérêt égoïste de chacun s’agrège pour former l’intérêt collectif. Qu’en laissant chaque acteur.ice économique faire suivant son intérêt individuel, l’intérêt de tous sera défendu. C’est faux :

  • Un médecin n’a pas d’intérêt égoïste à ce que ces patients soient en bonne santé et n’aient plus besoin de lui. Si il s’en assure, c’est pas altruisme.
  • Un laboratoire pharmaceutique non plus. Sauf que plus une entreprise et grosse et les décisions éloignées du terrain, moins l’altruisme compense.
  • Un.e individu.e relativement peu à risque lors d’une maladie infectieuse n’a pas intérêt à prendre des mesures rendant sa vie individuelle plus compliquée (isolement, vaccination, masque, etc.) bien que ça puisse sauver des gens autour.
  • Une clinique avec une logique d’être au service d’un patient individuel payant ces services et pas au service de la communauté retombe dans le problème précédant. Par exemple, une campagne de vaccination purement privée serait très inégalitaire, les riches recevant pour leur propres intérêts plusieurs doses avant même de vaccinés certaines personnes plus pauvres. (C’est d’ailleurs complètement le cas à l’échelle internationale btw…)

C’est un exemple très claire de dilemme du prisonnier à grande échelle. Une explication très cool de l’effet ainsi mis en valeur et appelé prix de l’anarchie (à mon grand regret).

Ouverture : démocratie

Je pense que cette situation est une conséquence claire du fait que nous ne soyons pas en démocratie. Les décisions sont prises par une classe dirigeante absolument distincte du peuple, ayant acquis un défiance profonde. Notre société a porté au sommet des valeurs une liberté aveugle, égoïste, et qui n’a aucun sens dès qu’on se pose la question de ne pas vivre absolument seul.

Quelques symptômes clair qui me mène à cette conclusions sont :

  • Le mensonge éhonté sur les masque en début de pandémie. Une référence exemplaire sur commande assurer une défiance pour l’ensemble de la crise, et une décision montrant aussi la défiance du pouvoir envers le peuple.
  • L’utilisation d’un conseil de défense secret, outils permettant de caché les décisions à des ennemis en cas de conflit militaire, contre un virus. Cet outils est utilisé comme si la population était l’ennemi à qui ont devait cacher des infos. Les complotistes y verront une confirmation de leur thèse, j’y voit un paternalisme antidémocratique pensant que la population est trop bête pour son propre bien.
  • L’utilisation de l’”état d’urgence” pour contourner les contre-pouvoir. Et l’argument de la rapidité nécessaire n’en ai plus un deux ans plus tard, et quand on voit ce que sont devenu les “états d’urgence” précédents.

Bref, la défiance du peuple n’est pas première, elle n’est que la réciproque d’une défiance envers lui de nos dirigeant.e.s. (C’est pas nous qu’on a commencé c’est eux.)


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